Propos

   


    A présent que Le Mystère  des douze Versos a été  livré à votre expertise, que le suspens est retombé, mes détracteurs également mouchés avec panache, je souhaite apporter quelques précisions sur les circonstances des prises de vue que vous découvrez en ce moment même.


    En premier lieu, je précise que Je ne ferais aucun commentaire sur les aspects  scabreux des phénomènes, ma pudeur naturelle me l'interdisant formellement. Je vous avoue ensuite que J’ai choisi de repousser ces questions aux confins de mon esprit. En effet, je tiens à  garder une tête bien froide face aux sollicitations perverses de ces jeunes sirènes mâles, ou éphèbes * démoniaques (peu importe leur nom et leur nature), dont les intentions ne sont en rien compatibles avec mes exigences morales !

Je dois pourtant vous préciser que ces illustres inconnus, surgissant au hasard de mes pérégrinations, jouissaient  tous d’ une plastique étonnamment sublime, à laquelle on aurait davantage rendu hommage en leur tirant le portrait, plutôt que les fesses. Je vous présente donc toutes mes excuses pour l’étalage public de cette collection  de postérieurs ; mais les phénomènes étranges n’ apparaissaient que si les jeunes apollons m’offraient leur verso!


    Votre serviteur  tient également à s'auto-congratuler pour le courage manifesté au cours de la collecte de ces  preuves, car il a mouillé sa chemise à de nombreuses reprises , notamment chez les rugbymen vendéens. Je témoigne ici, que ces «dieux du stade»,  étalant généreusement leur superbe sur la plage et dans certains calendriers (dont on oublie vite qu'ils renseignent également sur la date),  font preuve de nettement moins de fairplay face à l'appareil photo compact de monsieur tout le monde.

    Je suis par ailleurs en mesure de vous annoncer une autre avancée majeure concernant cette fascinante affaire : les images du Mystère ont été certifiées «sans trucage», par les frères Bogdanoff eux-mêmes, au cours d’une expertise secrète récente organisée à grands frais au château de Chambord.


    Enfin, me soumettant pleinement à  mes engagements de totale transparence concernant les circonstances et les implications de ces manifestations paranormales, je me dois à présent de vous relater les faits suivants :

Avant hier soir , tandis que mon  regard  s' attardait machinalement sur cet athlète bronzé au tee-shirt canari magiquement perforé par l'inscription : " dans tes rêves! ", je fus soudainement pris de troubles qui évoluèrent rapidement en sueurs froides, puis en spasmes.  Mes proches, affolés, firent appel au Samu qui dépêcha rapidement un médecin fort opportunément «spécialisé en neurologie psychiatrique» ( La suite me porte plutôt à croire qu’il exerçait certainement sous couvert d’ un diplôme obtenu en Wonderland ) ! Sa consultation expédiée, il nous gratifia d’ une enveloppe cachetée, à l’attention de mon médecin traitant, qui contenait un soit-disant  diagnostic de la plus haute importance . Une fois remis de mes fièvres, je m'empressai de violer le secret de cette missive ; et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant couché sur le papier, à la suite d’une formules de politesse consacrée, cette sentence en  jargon médical grotesque :

" EROTOMANIE AGGRAVÉE " !

Je me précipitai sur Wikipédia où je pris connaissance, avec stupeur, de la définition suivante :

« L'érotomanie est une maladie du groupe des psychoses construite autour de la conviction délirante que l'on est désiré par une ou plusieurs personnes » !




                                                                                                                                             Armel Edom





* Le terme éphèbe est utilisé ici, non pas au sens actuel, qualifiant caricaturalement des adolescents androgynes trop jolis,  mais bien au sens grec qui désignait des jeunes militaires entre 18 et 20 ans.